LE MANIFESTE SONDONS LES SONDAGES !

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LE MANIFESTE SONDONS LES SONDAGES !

Message  rolandcaydrole le Mar 27 Nov 2007 - 1:54

SONDONS LES SONDAGES !

Manifeste



« Je crois que vraiment les hommes politiques, de gauche comme de droite, on aura une réflexion sur ce sujet (les sondages). Ça ne peut pas continuer comme cela. On ne peut pas confisquer ainsi ni la campagne, ni le résultat, dans un pays où le suffrage universel est libre. », Nicolas Sarkozy, France 2, le 23 avril 1995, au soir de la défaite de Balladur.


« 66% des Français sont contre la grève », « Ségolène Royal a perdu 2 points de confiance », «55% des femmes préfèrent les yaourts aux fruits… » . Tous les jours, à la télé, à la radio, dans les journaux, c’est plusieurs fois qu’on en appelle aux sondages, qui apparaissent dès lors comme les acteurs centraux de notre vie politique !

Leur nombre est en croissance constante : 111 sondages pendant la campagne présidentielle de 1981, 300 en 2007. Ne pensez plus, comptez ! Notre vision de la société est devenue arithmétique, comptable, binaire. Mètre-étalon des opinions, du (mé)contentement, des valeurs et des aspirations, il devient difficile d'imaginer notre vie politique sans le sondage pour nous informer, pour nous aider à faire nos choix.


DES SONDAGES TOUT PUISSANTS !

Le sondage nous aide t-il à faire nos choix, ou les oriente t-il ? Parce qu'il formule les questions, parce qu'il définit les réponses possibles à ces questions, parce qu’il oblige les gens à répondre à des questions qu'ils ne se posent pas nécessairement, le sondage choisit autant qu'il sonde.

« Un sondeur qui dit que les sondages n’ont aucun effet est un menteur. Sarkozy et Royal ont été désignés par leur camp grâce aux sondages », se vante le directeur du département opinion de OpinionWay. Les sondages définissent aussi l’agenda : par les questions qu’ils posent, ils décident de ce qui est important ou non dans le débat démocratique. Bien souvent formés dans les mêmes écoles que l’élite politique et journalistique, ces acteurs partagent un même ensemble d’idées. A travers les sondages, ce ne sont pas les Français qui s’expriment, ce sont encore les sondeurs, les médias, les hommes politiques.


SCIENTIFIQUES, LES SONDAGES ?

La science, est-ce produire des soi-disant connaissances révisées chaque semaine, sur le taux de satisfaction à l'égard de tel ministre ou tel yaourt ? Les sondeurs voudraient faire passer leur travail pour scientifique mais les instituts de sondages sont des entreprises commerciales préoccupées de rentabilité et non de vérité. La science, la politique, ce n’est que ça ? Des idées à consommer, des convictions à prendre et à jeter.

Que dire de leurs méthodes ? Pour des raisons de coûts, les échantillons de personnes sondées se réduisent et sont donc moins fiables. Le nombre de personnes refusant de répondre aux questionnaires, en augmentation, met également en doute la représentativité des panels. Parlons de leur techniques de redressement des opinions déclarées : de véritables recettes d’apothicaires….qui consistent au final à se fier au bon flair politique du sondeur. La scientificité des sondages est une imposture !

Ces entreprises s'imposent comme de véritables porte-parole de la population, comme si elles avaient un quelconque droit sur l'expression de la volonté populaire. Au nom de quelle légitimité ? De quel mandat? Ne laissons pas aux sondages et à leurs interprètes le pouvoir de parler en notre nom à tous, sans aucun contrôle démocratique !


LE SOUCI DU CHIFFRE (D'AFFAIRE).

Les « instituts de sondages » sont désormais des entreprises hautement rentables, et stratégiques. Lorsqu’elles ne délocalisent pas leur centre d’appels dans les pays où la main d’œuvre est moins chère (Maroc,…), elles soumettent leurs salariés à des rythmes de travail soutenus, dans des conditions précaires (rémunération au questionnaire par exemple). Comment produire des enquêtes sérieuses dans ces circonstances ?

Au gré des fusions et rachats, ces entreprises appartiennent désormais à de grands groupes économiques de communication (Bolloré, Havas,…) brassant des milliards de chiffre d’affaires (Ipsos est côté 1 milliard d’euros à la Bourse de Paris).

A travers les sondages, grands entrepreneurs, médias, hommes politiques, étalent leurs conflits d’intérêts. Vincent Bolloré, riche entrepreneur et propriétaire de l’institut CSA, invite Nicolas Sarkozy sur son yacht…Le lendemain, le sondage CSA estime que 65% des Français ne sont pas choqués par ce cadeau…Ce petit monde fonctionne en vase clos, dans la confusion des pouvoirs. Laurence Parisot, présidente du Medef avec pour charge de défendre les intérêts du patronat est Présidente de l’IFOP !


PLACE AU DEBAT !

Réducteur, biaisé, omniprésent, le sondage n'informe pas, il paralyse. Et fait passer le comportement moutonnier comme le summum de l’intelligence démocratique : ne votons pas pour le candidat qui nous est proche, mais pour celui qui va gagner… Le sondage nous donne à voir un débat démocratique appauvri à l’extrême, mettant en scène des opinions simplistes, agglomérats artificiels d’opinions individuelles forcément diverses.

Devant ce constat, nous sommes quelques uns à penser que le sondage doit quitter son statut d'instrument idéal d'information, pour laisser une place plus grande au débat politique, aux nuances et aux idées. Vous aussi, cette appropriation des idées, des sujets, de l'opinion populaire vous horripile ? Joignez-vous à nous, et joignons le geste à la parole, dans de futures actions symboliques et pétaradantes pour dénoncer la sondomanie médiatique !

rolandcaydrole

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